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Lors de leur assemblée générale tenue le 20 avril 2018 à Bangkok, les fédérations internationales membres de la Global Association of International Sports Federations [GAISF, il s'agit de l'association mondiale des fédérations sportives internationale, anciennement 'SPORT-ACCORD', NDLR] ont montré tout leur intérêt pour le numérique. Des décisions stratégiques majeures comme, par exemple, l'extension Internet sport [Point-Sport] ont été prises. Elles indiquent que le sport mondial est engagé dans la transition numérique qu'impose son écosystème économique, commercial et industriel. De ce point de vue, on ne peut que regretter que, pour sa part, le sport français n'ait jusqu'à présent montré qu'un intérêt distancié pour le digital.

 

Nous avons sollicité GAISF pour un entretien. L'objectif est de permettre aux acteurs sportifs tricolores d'identifier les pistes numériques et les gisements d'innovation digitale qu'il faut actuellement savoir saisir.

 

Nous remercions Pierre GERMEAU, Head of Digital Service, d'avoir accepté de répondre à nos questions ainsi que Michel FILLIAU, Special Advisor to the President in charge of Membership Relations qui nous a permis de réaliser cet entretien. Pour les suivre sur Twitter : @michelfilliau et @pgermeau.

 

Enfin, nous signalons à nos followers que Patrick BAUMANN, le Président de GAISF, est très présent sur Twitter à l'adresse @GAISF_President.

 

- Pr. H. Alain LORET

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Q. A Bangkok, les fédérations internationales ont montré un intérêt marqué pour le numérique. Peut-on identifier les changements qu'il va produire dans le sport Mondial.


R. L'intérêt des fédérations internationales pour le numérique est déjà ancien. Il est considéré par la plupart d'entre-elles comme une opportunité extrêmement intéressante. Les nouvelles technologies leur permettent en effet d'améliorer l'expérience de leurs fans mais également de toucher de nouvelles audiences.


Parmi les changements les plus notables on peut citer les plate-formes de streaming (OTT) de plus en plus nombreuses qui imposent aux broadcasters traditionnels de revoir leurs modèles.


Chaque fédération est désormais en capacité de lancer sa propre "chaîne" en streaming et d'en contrôler tous les aspects; du branding au type de contenus en passant par le modèle de paiement. Même Youtube, qui un temps faisait de l'ombre aux télévisions traditionnelles, se voit désormais dépasser par plus numérique que lui.


Avec la généralisation de ces chaînes, c'est tout le modèle de publicité qui doit être repensé.
 

La possibilité de collecter et de restituer des données, sans cesse plus nombreuses et précises [le fameux big data], impacte également la manière de communiquer des fédérations. Caméras et senseurs 'embarqués' sur les athlètes (ou/et les arbitres) permettent désormais aux spectateurs de s'immerger comme jamais auparavant.
 

Les formats de compétitions - souvent raccourcis pour satisfaire une audience de plus en plus versatile - sont également influencés par les nouvelles manières de consommer le sport.

 

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Q. Pourquoi avoir entrepris des démarches en vue d'obtenir une extension Internet de type Sport ?

 

R. L'extension 'sport' est de nature à développer considérablement l'empreinte numérique des acteurs du sport qui vont enfin bénéficier de signatures digitales illustrant de manière forte leur activité.

 

Il était également nécessaire de protéger cet écosystème des spéculateurs qui sévissent sur la toile. GAISF a d'ailleurs dû batailler pendant plusieurs années contre des sociétés privées qui voulaient s'approprier ce patrimoine digital.

 

Notre approche consiste à développer un espace dédié aux acteurs légitimes du sport dans lequel du contenu de qualité sera disponible. Nous avons mis en place des dispositifs d'attribution des noms de domaine en vue d'éviter les mécanismes de spéculation et de rançonnage. Media, athlètes, clubs, fédérations, marques et organisateurs d'événements seront les bienvenus, de l'international au local, en passant par les différents niveaux continentaux et nationaux.


Un programme d'Ambassadeurs et de Pionniers vient d'être lancé. Il est réservé à des acteurs globaux qui bénéficieront d'une exposition spécifique et illustreront pleinement le potentiel de cette extension.


Des initiatives communautaires vont aussi être développées. La première d'entre-elle est un site contributif destiné à assister les acteurs du sport dans le cadre de la GDPR [Règlement général sur la protection des données personnelles imposée par la Commission européenne à partir du 25 mai 2018, NDLR]. Il est disponible depuis quelques jours sur www.gdpr.sport.

 

 

Q. Les fédérations européennes seront-elles prêtes à temps pour la GDPR ?

 

R. Certaines fédérations ont largement anticipé l'entrée en vigueur de la GDPR [en Français RGPD, NDLR] mais toutes ne seront probablement pas intégralement alignées sur les prescriptions de la nouvelle législation européenne.


C'est dans cette optique que GAISF a pris trois initiatives.


Premièrement, tous nos membres ont été sensibilisés à cette problématique lors de notre dernière Assemblée Générale.

 

Nous avons ensuite développé le site Internet collaboratif 'www.gdpr.sport' sur lequel de nombreuses ressources sont mise à disposition de l'ensemble de la communauté sportive.

 

Nous allons enfin organiser à Lausanne une série de workshops sur des thématiques spécifiques pour les membres de notre organisation.

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