D. AGIS-GARCIN
D. AGIS-GARCIN

 

La transition numérique des fédérations

 

 

 

| L'exemple de la Fédération  Française  de  Tennis

 

 

WebTV | Dominique AGIS-GARCIN, vice-président de la FFT en charge du numérique, explique le développement digital des clubs de tennis |||

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LA TRANSITION DIGITALE DU TENNIS

 

Pr. Alain LORET | SWI

 

 

Le virage numérique du monde fédéral vers la transition digitale est la condition sine qua non de sa modernisation. C'est sa seule chance de devancer les conséquences - mortelles pour de nombreuses associations ! - d'un phénomène d'ubérisation qui ne peut aller qu'en grandissant. Alors que les acteurs économiques du sport dématérialisé n'en finissent pas de gagner du terrain dans les modes de consommation numériques des services sportifs - principalement dans les grandes villes mais pas que ! -, certaines fédérations ont décidé de ne pas attendre.

 

La première sur la ligne de départ est la Fédération Française de Tennis qui opère sa mue digitale a partir d'un Laboratoire d'idées développé, depuis le mois de mars 2016, au sein de la Ligue de Tennis des Hauts-de-Seine sous l'impulsion de son président Dominique AGIS-GARCIN. Forte de plus de 40.000 licenciés, cette ligue apparaît en 2017 comme la pionnière du numérique dédié au sport fédéral en France.

 

Sur la base de la construction d'un dispositif très élaboré d'Empowerment sportif [le concept d'Empowerment est expliqué plus bas, ndlr] reposant sur des séminaires de dirigeants bénévoles et de cadres salariés, relayés par une WebTV diffusant en e-learning des données relatives à la conception d'un r2s dédié au tennis, la ligue des Hauts-de-Seine investit le numérique avec un professionnalisme certain. Son objectif ? Optimiser le parcours sur smartphone des licenciés au sein des clubs. Le moyen ? Une Plateforme r2s privative capable d'identifier leurs véritables besoins, aspirations et motivations. Il s'agit d'automatiser et d'homogénéiser le processus de façon à créer un protocole d'Empowerment standardisé déclinable au niveau de l'ensemble des structures fédérales. A court terme, par améliorations successives du prototype de plateforme sur une base collaborative préétablie, une version optimale verra le jour. Elle sera à la disposition de tous les clubs de tennis français de façon à coller aux exigences définies par les instances nationales mais (!) en tenant compte des vrais besoins exprimés par les pratiquants licenciés ou non.

 

Au niveau des clubs de tennis, l'objectif national est donc d'uniformiser les Plateformes r2s afin de proposer sur tout le territoire une "expérience tennis" optimisée déclinable sur tablettes, smartphones et ordinateurs. Le processus amont d'Empowerment permet de concevoir des services dématérialisés, standardisés, totalement inédits, reposant strictement sur les besoins exprimés par les joueurs. Le but ultime est double : la fidélisation des licenciés pour enrayer leur baisse et la conquête de nouveaux adhérents.

 

Chaque club est libre de personnaliser sa propre Plateforme r2s en fonction des informations et services qu'il souhaite promouvoir de façon à permettre l'accès à ces données en quelques clics. Il dispose ainsi d'un outil d'intermédiation beaucoup plus efficace qu'un simple site internet. Ce véritable instrument numérique de conquête lui procurera une avance déterminante sur les clubs des autres fédérations qui n'auront pas fait l'effort de se dématérialiser. En effet, au sein d'une commune lorsqu'un club gagne un licencié c'est souvent parce qu'un autre club l'a perdu. Sur le territoire d'une agglomération, toutes les fédérations sont donc en concurrence.

 

De ce point de vue, la Plateforme r2s est capable de booster le Référencement Internet des associations qui en sont équipées à partir d'une requête du type "Sport + nom d'une ville". Associée à la géolocalisation du club, cette supériorité sera vite déterminante pour conquérir de nouveaux adhérents.

 

Les avantages d'un Réseau Social Sportif  [r2s] dédié aux clubs d'une fédération sont donc très importants. Ce sont de nouvelles convictions et certitudes offertes aux dirigeants fédéraux : identifier les vrais besoins des licenciés pour leur proposer des services destinés à les satisfaire sur la base d'un protocole numérique strictement dédié aux clubs. C'est aussi la possibilité de créer des "parcours de pratique" reposant sur une expérience dématérialisée personnalisable. Capables de générer du trafic supplémentaire dans les clubs, ils permettent de capter des prospects [licenciés potentiels, ndlr] qui n'auraient jamais été identifiés sans cette technologie. Proche des stratégies commerciales digitales de plus en plus en vogue de type "Store Locator", c'est une avancée majeure vers la transformation numérique des fédérations sportives françaises.

 

C'est surtout le seul moyen dont elles disposent pour lutter à armes égales avec les start-ups qui cherchent à les ubériser !

 

La figure ci-dessous synthétise l'ensemble du protocole dans le cadre d'une stratégie fédérale.

 

 

QU'EST-CE QUE L'EMPOWERMENT SPORTIF ?

 

| C'EST LA RÉPONSE DES FÉDÉRATIONS A L'UBÉRISATION !

 

 

Toujours plus nombreux sur le web, les sportifs revendiquent davantage de numérique dans les relations que leurs fédérations engagent avec eux. Cela se traduit par trois paramètres essentiels à la compréhension du sport qui vient : il leur faut plus de conseils, plus de services et plus de lien social de façon à transformer positivement leur "expérience-sport" via un écosystème fédéral reposant sur des prestations dématérialisées.

 

A l'ère du tout connecté, les sportifs sont de plus en plus exigeants envers les fournisseurs de services ; que ce soient les institutions fédérales, les services des sports des villes ou les acteurs économiques, notamment les marques et les enseignes spécialisées dans le sport. Tous sont aujourd'hui contraints de rechercher des "gisements de valeur" inédits. C'est-à-dire de nouveaux secteurs de développement en phase avec une demande sociale en plein renouvellement. Dans ce contexte, les comportements digitaux se renforcent à la frontière que l'on identifie depuis trois ans entre les clubs sportifs physiques nantis d'une adresse postale [les associations] et des communautés sportives numériques uniquement dotées d'une adresse internet propulsées via les réseaux sociaux par des start-ups fonctionnant exclusivement en mode marketing-digital.

 

Pour le mouvement sportif, il s'agit donc de réinventer la relation avec les licenciés pour leur offrir une continuité d'expérience entre ce qu'ils trouvent sur le web et ce que leur proposent les clubs associatifs. Cette nouvelle offre fédérale doit être relayée par des interfaces privatives : les fameuses plateformes d'intermédiation sportives dont vont vite s'équiper les organisations (fédérations, services des sports des villes, entreprises de DSP, etc.) dites "numériquement avancées". Elles deviendront alors des "smart organisations" fonctionnant au cœur des nouveaux réseaux sociaux sportifs associatifs : les r2s.

 

Nous sommes confrontés à l'obligation de renouveler la relation sportive traditionnelle "cylindrique" verticale, issue du vingtième siècle, déterminant une vision fédérale pré-formatée que l'on impose au licencié. Il faut l'inverser en partant des besoins de celui-ci pour développer avec lui une relation de proximité horizontale. C'est le seul moyen de renouveler l'offre du Mouvement sportif. Réinventer la relation fédérations-licenciés, c'est la recentrer autour d'eux en leur permettant de s'exprimer pour les... écouter. C'est la première difficulté. Depuis des décennies, considéré comme un simple usager du service public, le licencié n'a en effet jamais eu droit à la parole. Il n'a donc jamais pu formuler ses véritables motivations pour le sport. Ce temps est révolu. La seconde difficulté provient du fait que les sportifs adultes rejettent massivement, depuis longtemps, l'offre institutionnelle. Dans ces conditions c'est le "métier" même des institutions, c'est-à-dire le savoir-faire de leurs cadres techniques, qu'ils refusent. Moins de sports de concurrence et plus de sports de connivence ; moins de sports de vitesse et plus de sports de lenteur ; moins de sports de compétition agressifs et plus de sports de plaisance, santé ou bien-être; plus de sport féminin... la liste de leurs réclamations est longue comme un match sans but.

 

C'est la mise en cause de la valeur sociale des services délivrés par les fédérations qui s'exprime à travers ces nouvelles exigences. En conséquence, à court terme [2020], la réforme de toute la chaîne de valeurs [économiques et sociales, ndlr] conçue en France au 20ème siècle devra être réalisée sous peine d'une ubérisation de grande ampleur. Lorsque l'on regarde plus précisément la nouvelle offre sportive dématérialisée proposée depuis trois ans par des start-ups ultra novatrices, on ne doute plus que ce mécanisme d'ubérisation des fédérations soit en phase d'accélération. La progression significative du nombre de pratiquants utilisant leurs applications l'atteste. Réagir sans délai est donc une ardente obligation pour tout le Mouvement sportif français.

 

Comment les présidents de fédérations peuvent-ils lutter efficacement contre ce phénomène sociologique d'ubérisation qui est un danger potentiellement mortel pour les organisations qu'ils dirigent ?

 

 

COMMENT RÉAGIR ?

 

La réponse tient dans l'exploitation d'un concept très original totalement inédit en matière de management du sport : l'Empowerment.

 

L'Empowerment sportif consiste à donner du pouvoir aux "licenciés de base" pour leur permettre d'agir sur les conditions de production de leur propre pratique.

 

Le concept fut créé aux Etats-Unis pour qualifier les luttes visant à donner la parole à ceux qui en étaient privés. Il est donc originellement une revendication sociale s'inscrivant contre les groupes dominants. Aujourd'hui, proche de la notion d'économie du partage, il est exploité selon une vision moins politique mais plus stratégique liée à la participation active des acteurs de base au processus de prise de décision dans les organisations.

 

Selon l'acception que nous proposons ici, il repose sur deux fondements : un principe raisonné d'accès à une forme de pouvoir partiel et la capacité à utiliser celui-ci dans un contexte de management des organisations sportives spécifiquement conçu pour cela.

 

Le premier fondement se matérialise par une interface numérique d'échanges établie entre les pratiquants et les dirigeants. C'est-à-dire entre les sportifs qui consomment les services et ceux qui les conçoivent. Le second par un dispositif d'apprentissage des licenciés à l'usage encadré de ce pouvoir relatif qui leur est donné. Concernant ce point, il ne s'agit évidemment pas d'exercer le pouvoir décisionnel qui reste l'apanage des dirigeants élus. Il s'agit simplement d'user du pouvoir d'informer ces derniers des changements nécessaires à l'évolution des services fédéraux déployés au niveau local par les clubs.

 

C'est donc une forme de "pouvoir solidaire" dont le seul objectif est la capacité partagée de faire évoluer le collectif fédéral vers des offres plus en phase avec la nouvelle demande sociale revendiquant un autre sport.

 

 

r2s + Empowerment | Réduire les temps de passage pour aller à l'essentiel !

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